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19.06.2016

Quant au contrat de mon suicide

je n’aurai que pour seul ami
un oreiller bien défraîchi
une aube à boire au goulot quand
les éoliennes me tueront

me punissant de l’éloquence
où je sais puiser mon amour
de ceux qui crèvent par à-coups
la nuit tombera tout à coup

j’aurai debout les jambes lourdes
la pluie tombera elle aussi
et toutes deux me feront fête
moi je seul être encore en vie

moi bouche ouverte de mépris
je signerai d’un seau voyant
la lettre à dieu que j’enverrai
quant au contrat de mon suicide

j’en aurai les yeux plein d’acide
la nuit tombera j’en suis sûr
sur bien d’avides gens baisés
blasés de n’être que fumier

pour cet égo que j’entretiens
à l’ombre des jardins arides

j’enjamberai des mers hostiles
je crierai haut j’aurai le style
d’un homme hanté par ses visions
et ses profondes catastrophes

en lui le mal de naître sale
en lui les strophes et les sons
en lui la peur de déborder
en lui les moussons les forfaits

le désir plein de marcher droit
non pas tant droit que traversant
les ombres longues du passé

l’époque est ravie de ses cendres
au quotidien planquées en nous
car tout montrer c’est décevoir

c’est sentir comme un dur frimas
sur une peau trop exposée
nous morcelant me ravageant
depuis des temps immémoriaux

je n’aurai que pour seul héros
celui pour qui la nuit prévaux
sur une clarté assassine
dont les racines se méfient

13:15 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

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